Le pouvoir de l’information
Le temps des fêtes est terminé, au grand malheur des disquaires et de tous les artisans de l’industrie musicale. En effet ! Qui de vous n’a pas offert ou reçu un album, ou un certificat cadeau pour s’en procurer un ?
J’entend déjà Sony Music se plaindre de la perte de revenue engendré par le piratage durant le reste de l’année. Mais qu’est-ce que cela veut dire exactement ? Est-ce que le piratage prive vraiment de revenue les acteurs de cette industrie ? Ou bien est-ce seulement une campagne de désinformation pour tenter d’augmenter davantage des revenues déjà obscènes ?
Pour y répondre, regardons d’abord pourquoi un album, de nos jours, peut coûter autant que 20$ : La Loi de l’Offre et de la Demande. Pour commencer, définissons :
La Loi de L’Offre et de la Demande
En microéconomie, la théorie de l’équilibre partiel entre l’offre et la demande tente de décrire, expliquer, et prédire le prix et la quantité des biens vendus sur les marchés concurrentiels.
L’offre est la quantité d’un certain produit offert par les vendeurs pour un prix donné. L’offre tend généralement à augmenter lorsque le prix monte: plus le prix est élevé, plus les vendeurs sont disposés à vendre.
La demande est la quantité d’un certain produit demandée par les consommateurs ou acheteurs pour un prix donné. La demande tend en général à baisser quand le prix augmente: plus les prix sont élevés, moins les acheteurs sont disposés à acheter.
La demande est dite élastique par rapport au prix si une variation du prix entraîne une variation relative identique (ou supérieure) de la quantité demandée (toutes choses égales par ailleurs).
La demande est dite inélastique si une variation du prix d’1% entraîne une variation relative moindre de la quantité demandée.
La loi de l’offre et de la demande n’est valide que lorsqu’on parle :
- d’homo œconomicus, c’est-à-dire uniquement en considérant les demandeurs comme rationnels et hédonistes, uniquement préoccupés par le prix des biens qu’ils convoitent ;
- de concurrence parfaite entre les offreurs (atomicité de l’offre et de la demande, produits identiques, information rapide et complète de chacun, etc.).
Dans les autres cas, cette “loi” ne donne qu’une approximation du fonctionnement des marchés. Mais il n’en demeure pas moins que cette loi est appliquée universellement de façon intrinsèque ou intuitive.
Concrètement, depuis l’apparition d’Internet et de l’ordinateur personnel, la demande pour les produits musicaux a graduellement diminué. Non pas que les demandeurs étaient moins enclin à payer, mais plutôt que le nombre de demandeur diminua.
C’est ce que l’industrie musicale réalisa. Conséquemment, elle augmenta ses prix, conservant ses revenues et de par le fait même, augmenta ses profits : En effet, moins d’unités vendues = diminution des coûts de production.
Dans la même veine, les grands joueurs de cette industrie font de plus en plus l’acquisition des différents intervenants : Fabricant de disque compact, maison d’édition, maison de disque, maison de disque étrangère, distributeur et sous-distributeur.
Ce qui est important de comprendre ici c’est que l’industrie, l’offreur, ne cessa d’augmenter ses prix et de s’ajuster en fonction de la demande afin de conserver ses revenues.
Alors pourquoi se plaint-elle ?
- L’Offre est à son plus haut : Le prix est faramineux. Ils veulent vendre plus ;
- L’industrie hésite à franchir le seuil psychologique du $19.99 ;
- La Demande est demeuré forte mais seulement pour les produits de qualité ;
- Le piratage constitue une information totale sur le contenu d’un album permettant au Demandeur de décider de la qualité du produit avant de l’acheter (ce qui n’était pas le cas avant Internet) ;
- Si un album est mauvais, il devient invendable ;
- Les gros joueurs comme Sony contrôle déjà tous les intervenants. Alors la seule chose qu’il leur reste à faire est d’augmenter les ventes.
Pour ce qui est des artistes, je vais vous laissez décider par vous-même, grâce à ce tableau, ce qui constitue véritablement leurs mannes :
Marge de profit moyenne supposé de 35% pour fin de comparaison seulement.
| Madonna, Confessions On A Dance Floor, prix courant : $19.99. 1.6 million vendus. | Spectacle de Madonna, Confessions On A Dance Floor, 34 spectacles. 15 000 billets vendus en moyenne à $130.00. | |||
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| Intervenants : |
Coûtant : |
Intervenants : |
Coûtant : |
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| Auteur-compositeur |
$0.42 |
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| Interprète |
$0.64 |
Éditeur de musique |
$4.15 |
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| Éditeur de musique |
$0.98 |
Auteur-compositeur |
$6.38 |
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| Gérant |
$1.51 |
Interprète |
$9.81 |
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| Maison de disques |
$2.32 |
Producteur de spectacles |
$15.09 |
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| Maison de disque étrangère |
$3.57 |
SOCAN |
$23.21 |
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| Distributeur |
$5.49 |
Gérant |
$35.70 |
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| Sous-distributeur |
$8.44 |
Agent de spectacles |
$54.93 |
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| Détaillant |
$12.99 |
Diffuseur de spectacles |
$84.50 |
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| Consommateur |
$19.99 |
Consommateur |
$130.00 |
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| Revenu brute unitaire :
$0.98 - $0.64 = $0.34 |
Revenu Brute unitaire :
$15.09 - $9.81 = $5.28 |
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| Vente brute :
1 600 000 * $0.34= $544 000 |
Vente Brute :
34 * 15 000 * $5.28 = $2 692 800 |
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Ce que j’en retiens, c’est qu’un artiste se doit d’avoir du contenu, de la qualité. Les gens iront voir son spectacle, paieront plus cher pour le voir et même pour se procurer son album. Quant à l’industrie, c’est eux qui décident à qui ils donnent des contrats… Qu’ils s’assument un peu.